Qui est cette jeune fille qui dort à mon côté
Elle est calme et tranquille, maquillée de ténèbres,
Et son visage pur porte tous les murmures
Qui parlent de beauté, d'amour, d'éternité.
Oh oui! elle est belle, sa peau est si sucrée,
Et ses larmes de sel ont un goût de liqueur.
Sa beauté, sa grâce dans la nuit qui s'efface
Prend un goût de lumière et de saveurs d'aurore.
C'est alors que la peur et l'angoisse me dévorent,
Son corps est parcouru de longs sillons de sang.
Une sueur amère me recouvre le front
Mais pourquoi cette chaleur alors qu'il fait si froid?
Le bel ange allongé de son corps me répond,
Un peu de sang séché me recouvre les doigts.
J'ai parcouru son corps, dans les ardentes heures
Qui ont vu en son âme la terreur s'éveiller.
J'ai hurlé de plaisir quand sa bouche à craché
Son ultime soupir dans un bouillon de sang.
Ses yeux ouvraient les vannes à des larmes brillantes
Et la vie à quitté les chairs de cette enfant.
Ainsi c'est si facile de voler une vie !
Je n'en ai éprouvé qu'un délicieux remord.
Sous ma langue asséchée, les saveurs de la mort
Me donnent envie d'éteindre une autre vie encore.
Suis-je ce monstre fou que cette mort accuse ?
Ai-je vraiment tue cette s½ur de jeunesse?
Pourquoi mon pauvre c½ur martèle-t-il ainsi ?
Se peut-il qu'un baiser réveille la princesse ?
Est-ce ainsi si facile de voler une vie ?
Et d'éteindre une enfant sous le feu de ses doigts ?
Mon dieu pardonnez-moi cet élan de folie
Je prie pour que ce soit la toute première fois.
Ma lame a dessiné sur sa peau de satin
Mes pensées torturées et mes rêves d'enfance.
J'ai dégusté ses cris emportés dans la transe
Des harmonies diffuses de sa douce agonie.
Mon dieu pardonnez-moi cet élan de folie
Je prie pour que ce soit la toute première fois.
Jamais un tel plaisir ne nous a submergé,
Même le remord s'efface sous le feu de l'extase
Nous pourrions même à nouveau y goûter,
Peut-être n'est-ce pas la première fois ?
-MALEVOLENTIA - CONTES ET NOUVELLES MACABRES-